Soir de Noël quelque part…

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Soir de Noël, quelque part dans le monde… 

 

 

La nuit est claire et froide en ce soir de décembre, quelques clous d’or donnent à la voûte céleste un air de fête. Aussi loin que se portent nos regards il n’y a que l’infini. Chacun de nous a son étoile et pourtant combien de malheureux pleurent en silence en cette merveilleuse nuit de Noël, cette nuit qui devrait rassembler tous les hommes. Les visages sont rayonnants de bonheur et les yeux brillent comme des étoiles. Les ventres ont mal d’avoir trop bu et mangé quand  d’autres ont mal de n’avoir rien, mais la souffrance n’est pas la même. Les yeux s’ouvrent grands et s’émerveillent devant les vitrines du monde tandis que d’autres se ferment lentement sans même une main pour les accompagner dans ce voyage redouté que l’on dit  meilleur.

Ce sont  les larmes de l’enfant abandonné qui n’a plus de maman et que le monde rejette. Il erre dans les rues de la ville, plus seul que jamais au milieu de cette foule indifférente, n’ayant de  regard que pour la beauté. Il voudrait bien retenir ses larmes, mais son cœur est encore trop fragile, loin des bras protecteurs et tendres. Alors dans un coin sombre, là où personne ne peut le voir, il s’accroupit et sort de son veston rapiécé une photo jaunie. Ses lèvres se posent fiévreusement sur ce visage tant chéri puis l’enfant laisse ses sanglots troubler le silence de son cœur. Tandis qu’à deux pas de lui, la foule anonyme  se délecte encore et encore  des plaisirs festifs.

«  Maman ne me laisse pas  »  C’est le cri du soldat mourrant que la guerre enlève, cruelle. Couché sur le dos, sur un sol glacé, son bras se soulève péniblement et  se tend, semblant saisir l’infini, puis retombe inerte sur sa poitrine où se dessine une rose rouge. Ses yeux grands ouverts, encore une fois regardent les étoiles et dans un dernier râle n’a que ces mots pour se donner du courage « Maman j’ai peur ! »  Son visage livide s’endort sur une dernière vision. Il n’avait que vingt ans. 

Qu’attendent-ils tous ces  malheureux  de la  nuit de Noël ? Peut-être l’Espérance tout simplement.  Puissions-nous un jour donner de la chaleur à toutes celles et  ceux  qui ne connaîtront jamais dans la vie que haine et violence. Chacun de nous vit bien douillettement dans son univers et l’accident n’arrive qu’aux autres, mais « l’autre » ne sera-t-il pas  « Nous » un jour ou l’autre.

Roland   25/12/2002 

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